
Juste après, le serveur web leader du marché n'est plus Microsoft IIS (45 %), mais Apache (63,4 %). Outre son prix égal à zéro car il est Open Source, son déploiement recoupe celui de Linux. Certains auront aussi profité du fait qu'il est disponible sur Windows, et moins sujet aux failles que IIS. Une différence importante de pénétration apparaît entre le système d'exploitation et le serveur web de Microsoft. Pour une plate-forme mixte, la distribution des réponses, et donc le parc réel installé, ne sont pas non plus révélés par les réponses favorables à Apache. Loin derrière, les serveurs web intégrés aux boîtes noires de type Cobalt ou Right Vision (6,11 %) sont devant les produits Netscape/Iplanet (4,6 %). Mais une fois de plus, le résultat d'Apache souligne la prime au libre donnée par nos lecteurs (lire le sondage paru le 17 juillet), qui se répète au paragraphe suivant.
Les pages dynamiques sont omniprésentes
Derrière le site, l'on retrouve de manière quasi-systématique une base de données relationnelle, l'Open Source MySQL (54,3 %) en tête, suivie de Microsoft SQL Server 7 (38,8 %), puis Oracle 8i (18,6 %), et enfin IBM DB2 (3,9 %) à égalité avec les sites sans base de données. Parmi les langages de scripts pour les pages dynamiques, PHP s'avère le plus commun: près de 60% d'entreprises y ont recours. Avec 38,6 %, l'ASP se marie avec SQL Server. Ensuite, la troisième position n'est pas occupée par ColdFusion d'Allaire (9,5 %), mais par Perl/CGI (31,5 %) juste derrière le langage de Microsoft. Or, le questionnaire était fermé sur cette question, la dernière option indiquant l'absence d'usage d'un moteur de scripts (7,1 %). Et l'omniprésence des bases de données relationnelles laisse entendre le recours à un ou plusieurs autres langages, qui peuvent être JSP (Java Server Pages) ou JsSP (Javascript Server Pages).
Un besoin tourné vers le développement propriétaire
A côté, les architectures trois-tiers qui sont l'apanage de nombreuses solutions commerciales sont beaucoup moins répandues. Microsoft arrive en tête (29,2 %) avec .Net et Com/DCom, suivi de très loin par IBM Websphere (8,8 %) et BEA Weblogic (5,3 %). Les deux derniers sont peut-être plus présents sur des applications comme les intranets et les places de marché qui réclament davantage d'intégration. Le fait remarquable tient surtout dans l'absence de serveur d'application chez environ 62 % des entreprises. Un pourcentage auquel il faudrait sûrement retrancher les choix non donnés aux sondés, comme ATG et les serveurs d'application Open Source (Enhydra...). Mais les derniers sont encore peu répandus d'après la plupart des études.
Enfin, lorsque l'on parle d'une plate-forme de gestion de contenus, la réponse ouverte (autre: 35,2%) est non dans 61,1 % des cas, ce qui renvoit dans ces situations à des développements propriétaires. Finalement, cette solution apparaît la plus en adéquation avec les objectifs du site, car elle répond par essence de manière stricte au besoin. Mais s'il n'y a pas de licence à payer au contraire de Spectra (5,6 %), Vignette et Broadvision (3,7 % chacune), les coûts s'enflamment très rapidement au niveau des ressources humaines engagées sur le projet. De plus, la maintenance n'est pas standardisée. Si l'entreprise veut payer moins cher son hébergeur, c'est peut-être aussi qu'elle n'a pas parfaitement maîtrisé ses coûts sur ce poste.
Le matériel : les équipements en support
Cisco affirme clairement sa suprématie
Apparemment, seules les sociétés à forte composante technologique savent en profondeur quels sont les équipements réseaux installés. Les 38,2 % qui répondent qu'ils n'ont pas de routeurs devraient a priori (mais seulement a priori) essayer de comprendre d'abord comment fonctionne un réseau comme Internet, composé de multiples liaisons qui partent d'un seul point. Ici, Cisco se trouve dans un quasi-monopole, cité par 56,2 % des votants. A côté, les trois restants font pâle figure : Alteon à 6,7 %, Foundry à 4,5 % et Cabletron à 1,1 %.
Mais les parts de marché des autres fournisseurs (Alcatel, Lucent, Nortel, Avici Systems, Juniper Networks, Motorola, Intel...) ont été ignorées dans le questionnaire, ce qui apporte une explication à l'apparente méconnaissance de l'infrastructure. Une partie des 38,2 % se sont probablement rabattus vers la case "pas de routeur" à défaut de voir leur fabriquant aux côtés de Cisco. Sur la haute disponibilité, Cisco est également en tête (avec 30,5 %) de la liste fermée qui comprend Foundry (8,5 %), Akamai (6,1 %), et F5 Networks jamais cité.
La qualité s'améliore peu sans les pratiques nécessaires
Sur les autres matériels et logiciels chargés d'améliorer les performances et la disponibilité du site, le taux d'équipement reste faible. A chaque fois, le leader est répertorié avec trois autres, et les concurrents non cités sont parfois moins nombreux que les fournisseurs de routeurs, car il s'agit dans l'ensemble de marchés plus récents. De façon récurrente, aussi, c'est l'absence de procédés logiciels ou matériels qui arrive largement en tête. Cette partie représente 79,3 % sur le clustering hardware, 74,3 % sur les équipements dédiés à la répartition de charges (ou load balancing), 72,1 % sur les caches logiciels, 71,2 % sur le clustering logiciel, et 62,2 % sur la haute disponibilité. Respectivement, les fournisseurs les plus cités sont Compaq (9,8 %), Alteon (14,9 %), RedHat sur les deux suivants (13,7 % et 13,9 %) et Cisco (30,5 %).
Or, cela ne signifie pas que les matériels et les logiciels correspondants ne sont pas présents dans les centres des hébergeurs. Ceci dit, au vu des investissements qu'ils représentent, en particulier du côté des équipements, leurs prix sont répercutés sur les tarifs des services. L'entreprise qui cherche à alléger ses coûts préfère donc travailler à même son application, d'autant plus que la bande passante est soi-disant chargée de répondre à tous les problèmes de performances. Mais une solution comme celle des clusters, qui permet de considérer un ensemble de machines comme un unique environnement pour partager l'exécution d'une application en fonction de l'utilisation des différents processeurs, n'est pas forcément chère. Dans ce domaine, les capacités offertes nativement par les serveurs ou par des systèmes d'exploitation comme Linux et Windows NT ne coûtent rien.
Conclusion : Et si c'était à refaire ?
L'hébergement aux Etats-Unis : le miroir aux alouettes
Au final, si l'entreprise devait choisir un autre mode d'hébergement, la question de la prise en charge de l'application web sur une plate-forme située aux Etats-Unis est soulevée par 55,8 % des participants. Non seulement, cette hypothèse fait peur car elle suppose qu'une partie majoritaire des capitaux Internet des entreprises pourrait quitter le sol français. Mais aussi, elle est aberrante, et ce pour au moins quatre raisons.
D'abord, il est très difficile de garder un oeil sur une application hébergée à l'autre bout de la planète. Sur une partie des problèmes de maintenance, comme le reboot d'un serveur, il est possible de prendre la main à distance. Mais comment s'assurer qu'un matériel supplémentaire payé sera bien mis en place à temps ? Ensuite, les compétences des américains dans le domaine ne sont pas forcément meilleures que celles des Français, ce qui transparaît notamment à travers la fermeture de certains ISP outre-Atlantique pour les mêmes raisons qu'ici. Troisièmement, le déficit de relationnel ne peut pas être comblé de la sorte. Il est même encore pire au vu du décalage horaire et parfois de la barrière du langage. Et enfin, la bande passante ne résout pas tous les problèmes. En France comme dans toute l'Europe, des fibres courent dans toutes les directions et relient à très haute vitesse le continent nord-Américain.
L'entreprise veut encore plus rationaliser les coûts
Derrière l'hébergement sur une batterie de serveurs située aux Etats-Unis, les entreprises choisiraient de porter leurs applications d'une plate-forme dédiée vers une plate-forme mutualisée pour 43,2 % d'entre elles. Pour des applications non critiques, cela ne pose pas forcément de problème. Et ce, d'autant plus qu'un serveur partagé en panne touche plus de clients qu'un dédié, ce qui remue peut-être davantage l'hébergeur qui craint pour son image de marque. Pour un site critique, il faut remarquer que si l'un des hébergés voisins passe par d'importants pics de connexion, la performance sera probablement détériorée.
Du reste, la première comme la deuxième solution témoignent d'abord d'une volonté de rationaliser les coûts pour 61 % des votants, suivie par la déception de la qualité du serveur (53,7 %). Mais chaque chose a un coût, en particulier la qualité des plates-formes. Et si tout a été dépensé sur un développement propriétaire qu'il convient de faire évoluer tout en garantissant sa performance applicative, il ne reste plus beaucoup de place pour les services d'amélioration de la qualité rendus par l'hébergeur. Ceux-ci comprennent notamment la répartition de charges et l'installation de caches, qui eux, peuvent être en partie mutualisés. Quand à la sécurité, elle suppose également un coût, et c'est peut-être pour cela qu'elle rebute tant. Pour ceux qui n'ont plus les moyens, la solution pourrait donc être d'économiser sur une partie des développements.
La solution: améliorer la disponibilité... de l'hébergeur
Bref, l'échec cuisant des hébergeurs français n'est peut-être pas complètement de leur fait, sauf... qu'ils ne sont pas toujours au rendez-vous pour faire profiter leurs clients de leur expertise. Seuls des MSP avisés, ou fournisseurs d'infrastructures hébergées, peuvent se targuer d'avoir réduit leur charge de travail réseau pour mettre les mains dans le cambouis de l'application. Mais en général, les plus pragmatiques refusent de prendre en charge des développements propriétaires dont ils n'auraient pas la maîtrise. Et pour cause... ce travail revient à des professionnels du développement.
En fait, une majorité d'hébergeurs aurait surtout intérêt à améliorer son service au moins en terme de qualité humaine. Car le client paraît souvent mal conseillé dans ses choix techniques liés à l'hébergement de son site web. Du reste, les entreprises qui plébiscitent la qualité des conseils (40,9 %) accordent peut-être moins d'importance au coût global (73,9 %). Lorsque l'on scrute les résultats au cas par cas, ce sont aussi celles qui se plaignent le moins de leurs prestataires. Et ce, à l'inverse de celles qui regrettent un mauvais relationnel (30,7 %). Pour améliorer la disponibilité des sites, il faudrait donc peut-être penser d'abord à améliorer la disponibilité des hébergeurs, en particulier pour ceux qui ne l'ont pas encore compris. )